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Journal — Escale ton coeur /// - La Dame au Chapal

"Génova, c’est une escale. C’est comme être en vacances dans un petit village italien. Il y a les ruelles, les petites boutiques, ce qu’il faut de bruit pour que je n’aie pas l’impression de mourir dans le vide, la cuisine merveilleuse à pleurer, on sent la mer, le port, ça vit, ça grouille sous les arcanes, il y a le soleil et il y a la pluie, ça vente, ça chante, et il y a surtout le sourire des gens. On fait chauffer l’eau dans une petite casserole pour noyer le café dans la cafetière à piston, on ouvre les rideaux et les fenêtres dans le clair-obscur des matins pas encore bien dessinés, on mange de la ricotta, du pesto et de la mozzarella avec des pomodori et du jambon de Parme, la bière est rossa et piccola, l’atmosphère cotonneuse, on dort bien, on ne se réveille vraiment qu’à midi je crois, on fait sécher son linge aux fenêtres, on arpente, on marche, on grimpe, on redescend, rien n’est compliqué ici, les papiers, la vie, c’est de l’huile, ça coule tout seul, ça dévale les pentes, dans le labyrinthe de pierres et d’ombres, et ça ronronne au bout, c’est chaud, c’est un film avec Hepburn, avec des robes à pois et de la musique jazzy dans l’air. Mais je suis encore en transition, je me dis : On verra après le Pérou. On verra pour parler italien correctement — je parle espagnol avec des mots italiens, je comprends ce qu’on me dit, mais j’ai pas le réflexe de parler —, on verra pour aller au théâtre, au cinéma, pour rencontrer des gens, pour ranger les livres, pour aménager le bel appartement, avec le parquet brun un peu vieux qui glisse, avec les grandes fenêtres qui attrapent la lumière et le chat noir Gabin qui biche fou dans son nouvel univers, on verra après. On verra bien.
Barcelona ne me manque pas.”

Journal — Matin-monde /// - La Dame au Chapal

"D’accord ça fait surtout des matins sans lui sans elle, la radio grésille et la douche est froide. Alors on s’connecte, mille milliards de mille fois entre le jus d’orange et le dentifrice, on part à l’assaut des journées qui s’embouclent, un deux trois un deux trois et un deux trois quatre, le ballet recommence, derrière la fenêtre les balcons se repeuplent de gens qui dorment ensemble et qui s’parlent plus, c’est l’heure pour toi de mettre du noir autour d’tes yeux et d’nourrir ton chat, clac clac sur le bitume v’là la rue qui s’allume. Y’a des matins foule sentimentale c’est comme ça qu’le monde s’installe."

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